5. La gorge
5. La gorge

5. La gorge

Il est temps de s’attarder sur une zone critique pour le chant : la gorge. S’il y a bien une zone qu’on sollicite tout le temps quand on pousse la chansonnette, et même quand on parle, c’est la gorge. À la vérité, on la sollicite beaucoup trop. Pour ne parler que du chant : dès qu’on veut atteindre des notes très graves ou très aiguës, on force sur la gorge, et on penche ou redresse la tête. Ces mauvaises habitudes sont à bannir. Il vous faudra du temps pour vous en débarrasser complètement, mais ce sera pour un mieux.

La gorge est l’une des zones les plus importantes, car c’est là que se trouvent les cordes vocales. Mais cette zone est également très fragile. C’est pourquoi il est important d’apprendre à la ménager, afin de la préserver aussi longtemps que possible.

En pratique

Comme nous en avons parlé en expliquant la bonne position de chant, la tête doit être bien droite. Elle ne doit pas être trop basse pour ne pas comprimer la gorge. Par ailleurs, elle ne doit être ni trop haute, ni tournée vers un côté, afin de ne pas tendre le cou. La gorge, comme tout le reste du corps, doit être droite et détendue.

Cette position permet de donner à la gorge tout l’espace dont elle a besoin. Elle est principalement un lieu de passage pour l’air. L’air fait vibrer les cordes vocales, sans qu’il y ait besoin de forcer sur celles-ci. La gorge n’est pas l’organe qui permet d’atteindre des notes plus graves ou plus aiguës, ou de tenir des notes longues. Ce rôle appartient en vérité au diaphragme. C’est ensuite le placement de la voix au niveau du palais mou qui permet d’obtenir de belles notes.

La gorge ne va pas rien faire pour autant. Elle a besoin de place, d’amplitude. À l’inspiration, la gorge s’élargit. Pendant le chant (lors de l’expiration), il s’agit de garder la gorge aussi large que possible. Elle va mécaniquement se contracter. Entraînez-vous à la garder aussi large que possible.

Il y a une situation quotidienne où on élargit naturellement la gorge : le bâillement. Posez une main au niveau de la gorge. Je dis bien : posez. Il ne s’agit pas de vous étrangler, mais simplement de sentir ce qu’il se passe à ce niveau. Bâillez à plusieurs reprises. Vous sentez votre gorge s’élargir, se gonfler, lors de l’inspiration.

Reproduisez maintenant l’élargissement de la gorge sans bâiller. Posez une main sur le bas-ventre (pour ne pas oublier la respiration abdominale), et une autre au niveau de la gorge. Prenez quelques instants pour inspirer, puis expirer. À chaque inspiration, élargissez la gorge comme lorsque vous bâillez. En expirant, essayez de garder la gorge la plus large possible.

Exercices

Faisons à présent deux petits exercices pour améliorer nos notes, en utilisant les différentes astuces que nous avons vues jusqu’à présent. Effectuez ces exercices dans une pièce qui résonne, afin d’entendre l’amélioration de vos notes.

Exercice 1 : placez-vous dans la bonne position de chant. Posez une main sur le diaphragme. Faites une note facile pour vous sur un « a », en la soutenant avec le diaphragme. Placez l’autre main au niveau de la gorge, et élargissez la gorge. Vous sentez que votre note devient plus puissante et plus claire. En gardant la gorge bien large, déplacez la main près de l’oreille, au niveau du palais mou, pour améliorer la résonance. Enfin, ouvrez la bouche verticalement, le plus largement possible. Après tout cela, inspirez, et refaites la même note sur un « a », en appliquant directement les améliorations que vous avez progressivement apportées.

Exercice 2 : le principal défi avec la gorge est de ne pas la solliciter abusivement pour les notes aiguës. Surtout lorsque l’écart entre deux notes qui se suivent est important. Vous allez, pour cet exercice, chanter une mélodie de votre choix, à condition qu’une note soit bien plus aiguë que la précédente. De préférence, trouvez une mélodie avec une octave de différence entre la première note et la note aiguë qui vient juste après. Exemples :

  • le refrain de Louxor j’adore de Philippe Katerine, où vous entendez une octave lorsqu’il chante « J’adore ». De préférence, ne faites pas la note aiguë en voix de tête comme lui, ce n’est pas le but de l’exercice.
  • encore plus connu, la chanson Joyeux anniversaire (au troisième « couplet », lors de la fameuse note haute qui fait saigner les oreilles).

Soutenez tant la note grave que la note haute avec le diaphragme, et faites-les toutes les deux résonner autant que possible au niveau du palais mou. Sur la note grave, il est facile de ne pas trop solliciter la gorge. Sur la note aiguë, on a tendance à forcer sur les cordes vocales et à faire monter la pomme d’Adam. Pour cette note, appuyez un peu plus fort avec le diaphragme, élargissez la gorge, et essayez de garder la pomme d’Adam aussi basse que possible. Si vous sentez que c’est trop aigu pour vous, faites l’exercice avec des notes un peu plus graves. Adaptez l’exercice à votre voix. Vous atteindrez des notes plus aiguës avec de l’entraînement.

Les mauvais réflexes liés à la gorge sont sûrement les plus courants et les plus problématiques en chant. Ne soyez pas sévères avec vous-mêmes si vous avez un peu forcé sur la gorge pendant le deuxième exercice. L’essentiel, dans un premier temps, est que vous soyez conscients de ce mauvais réflexe. Il disparaîtra petit à petit, à force d’entraînement. Concevez la gorge avant tout comme un lieu de passage de l’air. Elle doit s’élargir pour laisser plus de place encore au son, mais il ne faut surtout pas appuyer dessus. Elle est fragile, et il faut la préserver.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *